lundi 11 février 2008

Denis Thomas

À Nuits-Saint-Georges, au cœur de la Bourgogne, la prestigieuse Maison Thomas-Moillard associe l’expérience et le savoir-faire. Une grande réputation née de la terre et des hommes fait de cette entreprise familiale l’un des plus remarquables négociants-éleveurs. Ici l’héritage de la tradition se confond avec la passion du vin, notamment en mettant en place une technique naturelle dans les vignes, le bio-lunaire, qui tient particulièrement à cœur à Denis Thomas (sur la photo, avec sa fille Jeanne).

Aujourd’hui, les descendants de Symphorien dirigent toujours l’entreprise et gèrent le domaine familial avec la même passion. Denis Thomas est le Président-Directeur-Général qui se consacre au marketing et au marché français, Yves Thomas, Directeur Général, se réserve plus spécialement la politique financière et la recherche, Charles-Olivier Thomas est le directeur financier, et Jeanne Thomas, responsable export U.S.A. et responsable communication. “Nous expérimentons le bio-lunaire depuis trois ans, nous précise Denis Thomas, et mettons en place cette technique dans notre vignoble et pour cela, j’ai embauché un étudiant ingénieur en alternance qui réalise des études sur cela. Il y a deux phénomènes avec la lune : la lune montante et descendante, et la lune croissante et décroissante; on passe de la nouvelle lune qui est noire à la pleine lune, c’est la lune croissante, et inversement pour la lune décroissante. On se rend compte que l’activité microbienne se développe et s’intensifie pendant la période de la lune croissante, on s’aperçoit, par exemple, qu’il y a un maximum de champignons à la pleine lune. La maison Moillard est déjà dans une démarche “Bio” depuis plusieurs années, et souhaitant absolument conserver cette vie microbienne intense, nous ne travaillons donc pas les sols durant la lune croissante. La lune montante, c’est lorsque la lune passe au raz de l’horizon et monte un peu tous les jours jusqu’au zénith. Tout le monde s’entend pour dire que la sève monte avec celle-ci et, si l’on veut que la sève arrive au fruit et lui profite, nous avons décidé de ne pas toucher à la plante pendant cette lune montante pour ne pas perturber la montée de sève. Nous jouons avec ces deux phénomènes, c’est beaucoup plus simple que la bio-dynamie, avec la lune on comprend ce que l’on fait, je suis un réaliste, j’ai les pieds sur terre, je suis loin d’être un rêveur. La technique de la bio-dynamie, par exemple, est beaucoup plus compliquée car il faut tenir compte de la lune mais aussi des astres et sans savoir exactement pourquoi. Je pense que la bio-dynamie c’est sans doute très bien pour le jardinage ou pour la polyculture, où l’on peut se permettre de ne pas travailler les plantes à racines pendant une certaine période, mais lorsque l’on a quinze hectares de vigne à tailler et que cela représente deux mois de travail, on ne peut pas s’arrêter de travailler ! Concernant donc le bio-lunaire, j’ai eu le “déclic” grâce à une rencontre. Tous les ans, j’avais un vigneron qui m’apportait de bons vins, quelles que soient les conditions climatiques, cela m’a intrigué et je suis allé voir de plus près ses vignes. Il les taillait comme tout le monde, et dans sa vinification et il n’y avait rien de spécial. En discutant, il a fini par me dire qu’il faisait tout, en fonction de la lune, et c’est là que j’ai compris. J’ai donc chercher à vérifier ses dires et étudié la bibliographie qui existait à ce sujet. Il faut rester très concret, car beaucoup de gens expliquent tout et son contraire. Maintenant, on s’intéresse aussi à l’influence de la lune sur l’élevage des vins. Là aussi, après beaucoup d’avis qui relevaient souvent de l’empirisme, j’ai observé un vin dont la fermentation s’était stoppée au début de la lune montante, et, en fin du cycle, sa fermentation reprenait subitement. Toutes les observations sont relevées, notées et ensuite analysées afin d’intégrer le plus scientifiquement possible la conduite du vignoble selon les incidences de la lune. On se rend vite compte de la différence. Le 2005 est le premier millésime que nous avons produit et qui relève de la culture bio-lunaire. Ce sont des vins solides, bien structurés, très “purs”, nets, très réussis avec des arômes bien prononcés de fruits mûrs, les raisins étaient dans un état sanitaire parfait, les vins sont parfaitement équilibrés et le léger boisé va se fondre progressivement pour en faire de superbes vins de garde. Le 2006 est un millésime plus hétérogène dans la région, mais pas chez nous, et c’est uniquement grâce au suivi des vignes en bio-lunaire, on voit vraiment la différence dans nos vins, nous avons obtenu une bien meilleure maturité et, de plus, en bio, la peau des raisins devient plus résistante contre la pourriture. Ces résultats sont tellement positifs qu’ils nous encouragent à développer la technique de travail en bio-lunaire dans toutes nos vignes.”

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